samedi 20 septembre 2008

à voix basse


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Je me disais que j'avais au fond appris à me taire, ce qui dans le fond n'est pas neuf. Même si dans tous les cas, tous les amours, j'ai fais plus de lignes, j'apprenais chaque fois à me taire.
J'étais angoissée avant que vous me parliez, fort à propos, du recueil de messages. Je le suis encore après. Téo va me faire du bien, c'est certain. Un enfant vous ancre sur terre prodigieusement. Vous êtes obligé de prendre constamment soin de lui. Alors cela éveille à une autre dimension et si vous utilisez bien cette énergie que l'enfant vous donne et vous prend, vous redevenez vous-même. J'ai quand même besoin de ce reconstituant là. Je suis triste car téo part fin novembre à Lyon (je vous l'ai déjà dit) et cela m'affecte beaucoup. Plus que je ne dois l'imaginer. Je ne sais plus si vous me lisez encore, mais moi j'ai besoin de vous écrire. J'ai tellement besoin de vous ressentir - je ne vais pas dire: de vous voir; que quand ce n'est plus le cas, je m'arrête, comme si le mécanisme d'une horloge se détraquait.
Il y a aussi les étoiles dans le ciel qui sont un peu dures avec moi, aussi.
Je suis angoissée à se taper la tête contre le mur, comme ma soeur le faisait quand on ne lui donnait pas ce qu'elle voulait. Et c'est moi qui me suis révélée être psychotique. Je ne me suis jamais tapée la tête contre le mur. Je suis une vaillante. "A coeur vaillant, rien d'impossible", je crois.
Vous savez que les chats me comprennent. En dialecte chat, s'entend. C'est à cause de ma voix "juste" dit Dorothée. La plupart des psychotiques parlent plutôt justes. Je suis trop musicienne pour ne pas entendre au timbre d'une voix, à la voix si elle est juste ou fausse. Après ce que cela implique, c'est très différent à chaque fois. Puisque c'est une manifestation de défense typiquement névrosée, si je peux me permettre de parler ainsi. Vous parlez juste cela va de soit. Je disais à ma seconde analyste que parfois elle parlait faux, généralement pas pendant le travail d'analyse, mais au téléphone par exemple. Je crois que je l'énervais avec cette histoire. D'autant qu'il y a une grande importance de la voix pour le lacanien et elle était lacanienne. Comme mon psy actuel, qui parle toujours juste.
Ma première psychanalyste est devenue ma meilleure amie et s'est suicidée. Avec la deuxième nous sommes allées au bout du travail, mais elle n'était pas sûre que je sois psychotique. Là, je suis contente, car je sais qu'IL, puisque c'est un homme, me crois pychotique et que cela change notre rapport. Avec Myriam, nous avons découvert ensemble ma maladie; Mais quand nous étions amie, elle ne remettait pas en cause ma structure, à laquelle elle n'avait pas cru jusqu'à ce que je déjante.
Parce que j'aimais deux personnes dans ces moments de délire, vous et elle. Mais votre femme, à cette lointaine époque voulait appeler la police et Myriam m'écoutait. Alors le choix fut vite fait. Je ne suis pas folle quand même... Elle dit que je l'avais reconnue comme à la grande réunion avec le bouddha. Et qu'ensuite elle m'avait à son tour reconnue.Une amitié douloureuse et magnifique.
Vous n'avez jamais été brusque avec moi, mais j'ai très peur de cette violence dont vous êtes capable, potentiellement. Vous avez mars en Bélier et ma mère est Bélier-Poissons comme Duras a qui elle ressemble physiquement. Et pourtant je le suis moi-même. Violente.
Je voudrais que ces angoisses cessent. Je n'en ai pas eu pendant un long temps. Vous aimer m'angoisse. C'est gai... Comment faire simple quand on peut faire aussi compliqué.
SI vous savez détecter la souffrance, c'est qu'elle doit bien vous harceler, enfin vous la connaissez. Je crois que ceux qui font les psychotiques les plus proches des "autres", c'est l'aptitude à savoir souffrir et faire avec. Je ne suis pas une personne triste et espère ne pas le devenir. Je n'ai pas été (ne me suis pas laissée et ai eu un certain choix) trop marquer par le délire et l'enfermement, que j'ai évité au maximum. Dernièrement je me disais que je me ferais volontier hospitaliser, je n'en pouvais plus. Et la vie me rappelle. J'ai même manqué mon rendez-vous avec mon psy. Je vais m'ébrouer.
Bon dimanche.

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