Douceur d’octobre, et le ciel est
immense, noir ouvert sur les étoiles. Elle n’en aime pas un autre et c’est mirifique. Voilà trois ans qu’elle lui écrit chaque jour, un peu plus un peu moins, selon la frappe de son inspiration. Elle n’a pas peur des mots, ni des gestes. De rien. De lui seulement. Elle pose cependant sa main sur sa joue douce et la peau, qu’elle ne regrette pas. Avant de pouvoir avancer la main, elle a longtemps mesuré son geste et les centimètres manquaient toujours et la peur l’assaillait. S’il allait lui saisir la main et la rejeter. La prendre et la repousser. Ils ne se donnent jamais de rendez-vous, mais se croisent au gré d’une ville qui les guide ainsi vers l’un, l’autre. Elle y tient comme à la prunelle, et elle est orfèvre, ébéniste et collectionneuse. D’un seul objet d’amour. Cela tient au creux de sa main, niché, l’amour qu’elle a pour lui et qu’elle n’a pas nommé, n’étant pas comme Adam, qui classifia tout. Elle ouvre ses paumes et c’est des lignes, l’anneau de Salomon, celle de tête, de vie, de cœur qui se mêlent aux siennes. Paumes contre paumes. Jamais à ce jeu là ils ne perdront. Elle claque des mots, elle brise des phrases et devient alouette, qu’on attrape par la tête. Ainsi. Pour lui. Elle a fait tout le chemin en silence, ne s’est abritée de rien, ne s’est habituée non plus à rien. Pas une intonation ne lui échappe, la voix qui roule en un accent qui l’émerveille en l’amusant, ensemble. Son cœur bât vite et elle sait qu’il ne tiendra pas longtemps quand il cogne si fort. Une douleur sans remords, sans regrets. La fenêtre est ouverte, elle partira par là un jour, un soir plutôt. La joie brûle en quelque sorte son plexus solaire, l’indicateur des troubles et des mouvements de ses sentiments. « Viens… » dit-elle hésitante. C’est un rêve qu’elle tutoie, car jamais elle n’osera, aussi brulante soit-elle. Les brisants la font toujours en avance d’une guerre, d’un temps, d’un mouvement. La glace s’écarte et on y voit une eau noire et luisante qui reflète deux ombres et puis une. Baiser ses lèvres, ça n’est qu’un chant aux multiples oiseaux qui sont en elle, et tous ceux qu’elle a su lâcher, dont elle garde la voix. Elle s’applique, s’explique,
s’enferme de la pudeur, s’ouvre de la joie. Leurs bouches se touchent et chantent un gazouillis comme jamais. Il n’y aura pas de plus belle histoire que celle-là pour le temps qu’elle durera. Enfin comme toujours, comme à jamais, comme une éternité de baisers déposés. Personne ne sait, ni lui ni elle ni eux. Ils chavirent et eux croient qu’ils vont tomber, parce qu’ils n’y ont jamais
cru. Mais elle se redresse et tient son visage dans ses mains, d’enfant, comme un serment à une vie éternelle. Enfant elle est restée aussi, tout pour lui. Parce qu’il savait qu’il n’y avait pas de conditions, de redditions, et jamais d’abandons. Sûrement pas. Après tout cela ! Il tourne ses cheveux avec le doigt, parce qu’il a un peu peur, car elle tient du monstrueux comme du magique. Mais elle n’enferme pas, jamais, elle ne sait pas et a trop besoin à son tour de l’espace de liberté qu’ils s’offriront en tête, de cette noce coloriée, sans mariage, sans alliance, un diamant au fond de l’âme. Elle n’écrira jamais plus comme cela s’il lui demande, à coller ses excès contre la
vitre, comme les étoiles blanches à Noël. « Garde-moi un peu » et elle se tait d’un bonheur déniché on ne sait où, qu’elle essaye de préserver au-delà les hauts et les bas de la vie. Ils savent être malheureux chacun dans leur esprit. Alors elle serre sa main contre elle, lui fait comprendre son cœur, alors son corps. Douceur d’octobre à Paris, et le ciel est immense, noir ouvert sur les étoiles. « Je t’aime » Elle sait le dire mais se tait. Aujourd’hui on joue complet.
12/10/08
immense, noir ouvert sur les étoiles. Elle n’en aime pas un autre et c’est mirifique. Voilà trois ans qu’elle lui écrit chaque jour, un peu plus un peu moins, selon la frappe de son inspiration. Elle n’a pas peur des mots, ni des gestes. De rien. De lui seulement. Elle pose cependant sa main sur sa joue douce et la peau, qu’elle ne regrette pas. Avant de pouvoir avancer la main, elle a longtemps mesuré son geste et les centimètres manquaient toujours et la peur l’assaillait. S’il allait lui saisir la main et la rejeter. La prendre et la repousser. Ils ne se donnent jamais de rendez-vous, mais se croisent au gré d’une ville qui les guide ainsi vers l’un, l’autre. Elle y tient comme à la prunelle, et elle est orfèvre, ébéniste et collectionneuse. D’un seul objet d’amour. Cela tient au creux de sa main, niché, l’amour qu’elle a pour lui et qu’elle n’a pas nommé, n’étant pas comme Adam, qui classifia tout. Elle ouvre ses paumes et c’est des lignes, l’anneau de Salomon, celle de tête, de vie, de cœur qui se mêlent aux siennes. Paumes contre paumes. Jamais à ce jeu là ils ne perdront. Elle claque des mots, elle brise des phrases et devient alouette, qu’on attrape par la tête. Ainsi. Pour lui. Elle a fait tout le chemin en silence, ne s’est abritée de rien, ne s’est habituée non plus à rien. Pas une intonation ne lui échappe, la voix qui roule en un accent qui l’émerveille en l’amusant, ensemble. Son cœur bât vite et elle sait qu’il ne tiendra pas longtemps quand il cogne si fort. Une douleur sans remords, sans regrets. La fenêtre est ouverte, elle partira par là un jour, un soir plutôt. La joie brûle en quelque sorte son plexus solaire, l’indicateur des troubles et des mouvements de ses sentiments. « Viens… » dit-elle hésitante. C’est un rêve qu’elle tutoie, car jamais elle n’osera, aussi brulante soit-elle. Les brisants la font toujours en avance d’une guerre, d’un temps, d’un mouvement. La glace s’écarte et on y voit une eau noire et luisante qui reflète deux ombres et puis une. Baiser ses lèvres, ça n’est qu’un chant aux multiples oiseaux qui sont en elle, et tous ceux qu’elle a su lâcher, dont elle garde la voix. Elle s’applique, s’explique,
s’enferme de la pudeur, s’ouvre de la joie. Leurs bouches se touchent et chantent un gazouillis comme jamais. Il n’y aura pas de plus belle histoire que celle-là pour le temps qu’elle durera. Enfin comme toujours, comme à jamais, comme une éternité de baisers déposés. Personne ne sait, ni lui ni elle ni eux. Ils chavirent et eux croient qu’ils vont tomber, parce qu’ils n’y ont jamais
cru. Mais elle se redresse et tient son visage dans ses mains, d’enfant, comme un serment à une vie éternelle. Enfant elle est restée aussi, tout pour lui. Parce qu’il savait qu’il n’y avait pas de conditions, de redditions, et jamais d’abandons. Sûrement pas. Après tout cela ! Il tourne ses cheveux avec le doigt, parce qu’il a un peu peur, car elle tient du monstrueux comme du magique. Mais elle n’enferme pas, jamais, elle ne sait pas et a trop besoin à son tour de l’espace de liberté qu’ils s’offriront en tête, de cette noce coloriée, sans mariage, sans alliance, un diamant au fond de l’âme. Elle n’écrira jamais plus comme cela s’il lui demande, à coller ses excès contre la
vitre, comme les étoiles blanches à Noël. « Garde-moi un peu » et elle se tait d’un bonheur déniché on ne sait où, qu’elle essaye de préserver au-delà les hauts et les bas de la vie. Ils savent être malheureux chacun dans leur esprit. Alors elle serre sa main contre elle, lui fait comprendre son cœur, alors son corps. Douceur d’octobre à Paris, et le ciel est immense, noir ouvert sur les étoiles. « Je t’aime » Elle sait le dire mais se tait. Aujourd’hui on joue complet.
12/10/08
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